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5 jours à Berlin

Au mois de mai, sous la pluie, le temps nuageux et parfois le soleil.

En mai dernier nous avons entrepris un voyage en Europe où l’on allait visiter trois capitales: Berlin, Prague et Vienne. Toutes situées à quelques heures de train ou d’autobus l’une de l’autre.

Visiter Berlin c’est faire un voyage dans le temps de l’antiquité à nos jours en passant par la deuxième guerre mondiale et la guerre froide.

Jour 1

Nous arrivons à 6 heure du matin à l’aéroport de Berlin. Pour rejoindre l’appartement que nous avons loué près de la porte de Brandenburger nous décidons de prendre le train et le métro. À cette fin nous achetons la WelcomCard de Berlin pour cinq jour, qui inclus les transport en commun dont celui de l’aéroport et qui offre des rabais sur certaines activités. L’appartement n’étant pas prêt à notre arriver, nous laissons nos valises en consigne au gestionnaire de l’appartement.

Étant tout à côté du Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe nous nous y dirigeons. Ce site immense conçu par Peter Eisenman est composé de 2 710 colonnes de pierres grises et sombres. Sous une fine pluie, la visite prends un air dramatique. Le musée adjacent nous renseigne sur les victimes de l’Holocauste et nous raconte les histoires personnelles de certaines des victimes.

Après cette visite, nous rentrons à l’appartement pour prendre une douche et faire une sieste avant de continuer notre visite de Berlin. L’appartement est spacieux et confortable. L’emplacement est génial. Il fait bon s’y reposer. Il y plein de bons restaurants à proximité ainsi qu’un supermarché situé juste en face du centre d’achat Mall of Berlin.

En soirée nous décidons d’aller souper au restaurant Einstein situé tout près. Nous y mangeons un potage d’asperges blanche suivi d’un schnitzel accompagné de légumes. Ce plat est un des plats typique de l’Allemagne et il était très bien exécuter. Un bon verre de blanc allemand accompagne le tout. L’ambiance du resto est très cozy dans un décor tout de bois et cuir.

Après le souper nous faisons un détour porte de Brandebourg pour l’admirer une première fois.

Jour 2

Nous décidons de visiter le musée Neues Museum qui abrite le célèbre buste de Néfertiti. Pour nous y rendre, nous marcherons le long de l’avenue Unter den Linden qui s’étends de la Porte de Brandebourg à l’île au musée. À l’entrée de cette dernière nous nous arrêtons à la Cathédrale de Berlin. Cette cathédrale qui est plutôt une église, est majestueuse avec son dome qui s’élève à plus de cent mètres. Son décor impressionne par sa décoration de marbre. Le guide audio, disponible en Français et selon moi indispensable, nous en révèle l’histoire et nous décrit très bien les éléments de son décor. Sa grande orgue est tout aussi magnifique et on a eu le plaisir de l’entendre. Le son envahit tout l’espace grâce à son excellente acoustique. Après avoir visité l’église nous avons descendu dans la crypte admiré les tombeaux des monarques et de leur famille qui y reposent pour l’éternité. La croyance de l’époque et certainement une astuce du clergé pour s’enrichir disait que si notre tombeau était situé sous l’autel l’entrée au paradis nous était grandement facilité.

Le musée Neues Museum sur l’île aux musées est situé derrière la cathédrale. La vedette de ses collections c’est le buste de Nefertiti vieux de 3 000 ans qu’il est interdit de photographier, dommage, il est splendide et vaut à lui seul la visite du musée. Mais il y plus que Nefertiti dans ses collections. Il y a deux collections principales: Le Musée égyptien et collection de papyrus ainsi que le Musée de la préhistoire et de la protohistoire, présentant des objets de l’Antikensammlung. Le premier vous fait découvrir les antiquités égyptiennes et le second avec 6000 objets, le Museum für Vor- und Frühgeschichte présente une enquête approfondie des découvertes archéologiques de toute l’Europe et de certaines parties de l’Asie, qui donnent vie à l’histoire culturelle de ces régions de l’âge de pierre jusqu’au Moyen Âge. Ils sont rejoints par des œuvres d’art de l’Antiquité classique de l’Antikensammlung. Vous pouvez facilement passer plusieurs heures dans ce musée. Il y a un excellent casse-croute à l’entrée du musée où vous pourrez faire une pause.

Au sortir du musée nous décidons de retourner à l’appartement en longeant les rives de la Spree, rivière qui traverse Berlin. Marcher le long de ses rives nous permet de découvrir l’architecture de Berlin. Nous allons jusqu’au Bundestag, le parlement allemand, et retour par la porte de Brandebourg. Nous prenons l’apéro au Berliner Kindl, un restaurant indien où nous retournerons souper dans quelques jours. Nous allons ensuite souper au Alt-Berliner Wirtshaus, un restaurant familial qui sert la cuisine allemande typique à des prix abordables. Nous y mangerons des Currywurst soient des saucisses servies avec une sauce au curry.

Jour 3

Notre objectif pour ce troisième jour est de visiter le Mémorial et Musée de Sachsenhausen, un camp de concentration allemand durant la deuxième guerre mondiale, qui fit office d’école pour les officiers SS qui deviendront les chefs de camps de concentration allemands dans l’Europe Nazi. Le camp se trouve à une heure de Belin par les transports en commun.

Pour nous y rendre nous prenons le métro S1 à Brandenburger Tor jusqu’à la station Oranienburg et de là nous allons prenons le train de banlieue RB12 jusqu’à la station de Sachsenhausen. Nous marchons ensuite environ 15 minutes pour se rendre au camp.

Dès l’entrée dans le pavillon d’accueil nous prenons l’ampleur du camp grâce à une maquette qui montre ce qu’était le camp à la fin de la guerre et ce qu’il en reste aujourd’hui. À la fin de la guerre ce sont les Russes qui en feront une prison pour les anciens nazi et les dissidents de la RDA.

La visite du camp prend facilement deux heures de votre temps. Un audio guide vous est remis lorsque vous acheté vos billets. Vous y apprendrez et verrez dans quelles conditions vivaient les prisonniers du camp. En sortant du pavillon d’accueil nous longeons la route du camp qui nous amène à la porte principale qui nous accueille avec sa célèbre devise « Arbeit match freit », « Le travail vous libère ». Passer le portail nous tournons à droite pour la visite des baraques 38 et 39 qui est particulièrement émouvante. Dans la 38 on nous y raconte la vie des prisonniers juifs qui y vivaient. Dans la 39 ce sont le récit personnel de 20 prisonniers qui nous y est raconté. On y voit aussi un dortoir, les latrines et les douches où vivaient ces gens. Les conditions de vie y étaient misérables. Parmi les autres endroits du camp qui nous émeuvent le plus il y a le site de la potence, où l’on pendait des prisonniers qui avant tenté de s’échapper, la fosse d’exécution comme son nom l’indique, dans cette tranchée, les combattants de la résistance, les objecteurs de conscience et les personnes condamnées par les tribunaux spéciaux nazis y ont été exécutés.

En sortant du camp je n’ai pus m’empêcher de penser à ce que Netanyahu et son gouvernement font subir au peuple palestinien. Les Nazis affamaient les prisonniers, ils les éliminaient avec des pelotons d’exécution, Netanyahu et ses sbires bombardent les palestiniens dont de nombreux civils comptant beaucoup d’enfants et de femmes parmi les victimes. L’arrivée de nourriture dans Gaza est contrôlé menant à la famine de ses habitants. Les prisonniers étaient cantonnés à l’intérieur du camp avec des murs garnis de barbelé. Gaza est un camp de concentration, les Palestiniens ne peuvent en sortir sans le consentement de l’autorité israélienne. Ce qui m’amène à cette question, comment les descendants de la Shoah peuvent-ils faire subir un sort semblable à un autre peuple. Après la Shoah, on disait pourtant jamais plus de génocide. Et surtout n’imaginez pas que j’appuie le Hezbollah, leur attaque d’octobre 2023 était horrible et je la condamne fermement, de plus la réponse d’Israël était prévisible. Rien ne justifie une agression armée sur des civils et des infrastructures vitales tel des hôpitaux et des écoles.

Ce soir là nous soupons à l’appartement de bols accompagné d’une bonne bouteille de vin.

Jour 4

Il est impossible de visiter Berlin sans parcourir son mur. Une partie de celui-ci a été convertie en galerie d’art public après la chute du régime soviétique, son nom: East Side Gallery. Elle se situe au bord de la Spree. Sur plus d’un kilomètre, les artistes de différentes nationalités y célèbrent la liberté de vivre et de penser.

Après la visite du mur, nous décidons de marcher vers l’avenue Karl-Marx Allée. Marcher sur cette artère principale, c’est comme marcher dans une ville russe tant l’architecture néo-classique ressemble à ce que l’on connaît du passé de Moscou. Cette large artère voyait défiler les chars blindés à tous les ans pendant le règne de l’Allemagne de l’Est. Aujourd’hui, cette artère est plus ou moins l’équivalent des Champs Élysées de Paris. Au moment de notre passage, c’était plutôt tranquille bien que l’on dise qu’elle est censée être l’une des artères les plus animées de Berlin, et ce 24 heures sur 24.

L’avenue Karl-Marx débouche sur Alexanderplatz, place très animée au coeur de Berlin. Tous les moyens de transport y convergent. Nous y arrêtons pour manger dans un Döner au One 1 Döner. Les döner sont des restaurants populaires qui tirent leur nom du plat turc döner Kebab (döner vient du turc « tourner »). La viande des döners est cuite sur une broche rotative. Pour ma part, j’ai mangé un döner végétarien qui a peu à voir avec le döner sinon le pain dans lequel il me fut servi. Tout prêt de la place se trouve la tour de télévision de Berlin: « Berliner Fernsehturm ». Tour de 368 m de hauteur inaugurée en 1969, avec observatoire public à 203 m et restaurant tournant à 207 m. Nous la visiterons peut-être dans un prochain voyage.

Sur le retour, nous allons faire plusieurs arrêts. Le premier sera à l’Église évangélique Sainte Marie. Elle est située tout près de la Tour de télévision. Cette église de style gothique attire le regard par sa construction de brique rouge. Son intérieur est très sobre avec ses murs de plâtre blanc. Seul son orgue et sa chaire avec leurs riches décorations rompent avec cette sobriété.

Prochain arrêt, le Musée de la RDA. Ce musée d’expositions interactives présente la vie quotidienne dans l’Allemagne d’avant la réunification. C’est très ludique et accessible tout en nous informant sur la vie à l’époque de l’Allemagne de l’Est. Un des co-propriétaires de notre immeuble, Laurent McFalls ex-professeur d’histoire à l’Université de Montréal, a créé un site où l’on peut voir des films 8mm réalisés par les citoyens est-allemands durant l’existence de la RDA. Laurent a aussi influencé certains choix de nos visites à Berlin.

Au sortir du musée, nous traversons la Spree et marchons sur Unter den Linden. Nous nous arrêtons à la Neue Wache, Grand Mémorial de la république fédérale d’Allemagne pour les victimes de la guerre et des tyrannies. À l’intérieur s’y loge, sous la lumière tombant du toit à la verticale, une reproduction d’une émouvante sculpture de Käthe Kollwitz : La Mère et son fils mort, réalisée par l’artiste après la mort de son fils sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Un dernier arrêt sur Unter den Linden à la Université Humboldt (Humboldt Universität). Nous nous y reposons en admirant sa fontaine à l’entrée.

Nous irons souper au restaurant indien Berliner Kindl où nous avions pris un apéro au deuxième jour de notre visite. Tous les plats étaient délicieux, le service chaleureux et impeccable.

Pour terminer la journée, nous irons admirer la Porte de Brandebourg au coucher du soleil et ferons la rencontre d’un groupe de jeunes Allemandes venues célébrer la fin du célibat de l’une d’elles. En ce jour du 9 mai, jour de l’Europe, sa devise « In Vielfalt geint » (en français « Unis dans la diversité »), est projetée sur la Porte de Brandebourg. Cette devise me donne espoir en l’avenir.

Jour 5

Direction Check Point Charlie, retour à la guerre froide pour notre dernier jour complet à Berlin. Check Point Charlie était l’un des points de passage entre l’Est et l’Ouest de Berlin. Sous contrôle des Américains à l’époque, il est aujourd’hui surtout une attraction à selfies. Mais il y a plus que la guérite et ses sacs de sable emblématiques. Autour de la place, des panneaux explicatifs nous renseignent sur la vie à Berlin à l’époque de la guerre froide.

Autre vestige de la guerre: la Topographie des Terreurs. La Centrale de la terreur nationale-socialiste de 1933 à 1945 : la police secrète d’état la Gestapo (ayant sa propre prison), le commandement SS, le Service secret de la SS (SD) et le Service général de la sécurité du Reich y étaient installés.

C’est là qu’ont été menées persécutions et destructions des opposants au national-socialisme en Allemagne et à l’étranger et que s’est organisé le génocide des Juifs et des Roms. Une exposition de photos et de textes retrace l’histoire du site ainsi que l’histoire du régime nazi. Ce périple dans le passé, nous fait prendre conscience de comment un peuple bascule d’un régime démocratique à une dictature. Avec la montée de l’extrême droite et des régimes autoritaires dans le monde, cette leçon du passé est aussi un avertissement pour ce qui pourrait advenir dans un futur pas si lointain, si nous ne défendons pas la démocratie à tous les instants.

Sur place, il reste aussi le dernier fragment authentique du mur, tel qu’il était à l’époque.

Pour terminer notre voyage sur une note plus joyeuse, nous nous dirigeons vers le musée Neue Nationalgalerie pour visiter une exposition du sculpteur Brancusi. Nous passerons par la Postdamer Platz pour s’y rendre. Ce jour là s’y déroulait une manifestation contre la guerre en Iran.

Brancusi était un sculpteur roumain des plus influents du début du XXe siècle. Il était l’un des premiers sculpteurs à produire des sculptures abstraites. L’exposition présentait plus de 150 de ses oeuvres ainsi que la reconstitution d’une partie de son atelier.

En plus de l’exposition de Brancusi, nous avons découvert l’installation Regular Animals, des robots chiens articulés avec des têtes en silicone hyper-réalistes de figures célèbres de l’artiste Beeple (Mike Winkelmann).

Nous terminons la journée au restaurant Viale dei Tigli où nous prenons l’apéro sur la terrasse et mangeons à l’intérieur.

Et pour finir

Que retenir de ce voyage à Berlin? Une ville agréable à visiter où tout est propre. Le passé est difficile à ignorer. La deuxième guerre mondiale a transformé l’histoire et le visage de Berlin. Son architecture moderne est la conséquence des bombardements alliés pendant cette guerre. Tout a dû être reconstruit. Il s’en dégage alors une certaine froideur dans l’architecture.

La barrière de la langue rend le contact plus difficile avec la population locale. Cinq jours, c’est court pour découvrir tout ce que la ville peut nous offrir. Malgré cela, j’y reviendrais avec joie afin de découvrir plusieurs autres de ses facettes.

Pour ce qui est de mes photos, j’ai désaturé des parties des images pour ne garder que certains éléments en couleur. Cette approche traduit bien ce que je ressentais face aux traces du passé, à l’architecture plutôt brutaliste de Berlin et à la grisaille de la météo.

J’aimerais bien retourner à Berlin afin de mieux découvrir ses gens et sa modernité.

Pour voir les images de cet article et d’autres de Berlin en grand format visiter mon portfolio de Berlin

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